Dessins éditos publiés dans le journal Le MondeCapharnaum-satellitaire2

Je sais que tu es là.

Je t’appelle de l’autre côté de la rive, peu importe ce qui nous sépare.

Un mur, un silence, un océan.

Je ne sais pas qui tu es, mais ça ne m’est pas égal, donc il me tarde de te connaître.

Je n’ai pas peur de toi, seulement de l’idée de ton absence.

Je crains aussi le vacarme général. Les interférences.

Nos rives sont lointaines, le monde parle trop fort et il nous est difficile de nous faire entendre.

Alors je te laisse des traces, des signaux, dans l’urgence, des dessins, des chansons, des notes et des gouttes d’encre, lâchés comme des cailloux dans la forêt, pâture pour l’oubli.

Des épitaphes, des hoquets, des soupirs, des cris dont seul un faible écho te parviendra.

Viendra le jour où l’on se regardera dans les yeux et où l’on pourra se parler d’une voix sûre et sereine.

On ne sera sûrement pas légion, mais on sera déjà plus nombreux qu’un seul homme devant son miroir.